N’allez pas vous imaginer des aventures incroyables de passages de frontière clandestins ou de traversées de continents au cul d’un camion de patates… Ne vous attendez pas non plus à des récits de folles rave parties dans des pays souterrains ou de buffets à volonté à l‘hôtel de la plage… L’idée de notre voyage c’est de réaliser le plus de choses avec un budget restreint et dans un confort minimum… Donc : moins de farniente qu’en vacances, mais pas de risques débiles non plus…
Souvent, quand nous disions que nous partions faire un tour du monde, les gens nous répondaient: « ah oui, en quoi? ». Ils s’attendaient sûrement à ce qu’on utilise* un moyen de locomotion insolite, genre raquettes de trappeur? D’autres imaginaient que notre parcours oserait des détours insensés par la Corée du Nord, l’Iran ou le Groland… Beaucoup ne s’y intéressaient juste pas, et on ne les blâme pas!
Il semble bien banal de nos jours de partir comme nous le faisons. Les chemins sont balisés, usés… L’industrie du tourisme tue l’aventure et la découverte. Quant au caritatif… Nous qui ne sommes ni médecins ni journalistes sans frontières, on veut nous servir des « expés caritatives » sous format 2 semaines tout inclus … ils n’ont pas honte, en passant, ces maquignons du tourisme de la misère?
Quelle attitude adopter alors pour réussir son voyage? Que doit se répéter le dilettante itinérant moyen (Nomadus Vulgaris) dans sa quête alterhorizoniste**? Après mûre réflexion - et le kir aidant - notre suggestion est :
« Ben tiens, j’irais bien voir là-bas si j’y suis. »
Pour avoir assez maladroitement migré d’un nid à l’autre ces dernières années, je (P) peux vous dire qu’on n’est jamais vraiment là où on se cherche. Mais vouloir en avoir le cœur net, que voilà un bel et inépuisable prétexte pour voyager!!!
Il suffit de peu pour connaître l‘euphorie du voyage. Faire sa valise c’est déjà avoir la tête ailleurs ; mettre les bouts pour une nuit ou un an, faire 50 kilomètres ou 29000 miles, qu’importe!
Que chacun se mette à tailler sa propre route! Car si comme nous vous pensez ne rien avoir à apporter au monde, vous pouvez toujours aller voir… si vous y êtes.
Quant à nous, avec nos dégaines ordinaires qui suscitent souvent l’empathie des indigénes (sic), nos mœurs banales et nos rituels discrets de simples quidams éclairés, il n’y a aucune raison que le voyage ne se passe pas magnifiquement bien… avec même, et on l’espère de tout notre cœur, les quelques croustillantes péripéties qui pimenteront nos souvenirs!
Donc, voilà quelques petites notes d’un voyage honteusement égoïste, qui n’ont pour seul but que de rassurer la famille et les proches sur les avancées de notre périple.
Et ne craignez pas un roman, de grands articles ou autres billets d’humeur à chacune des rubriques ; pour la plupart des pays visités les photos de la belle Flavie en diront plus long que toutes nos niaiseries.
Nonchalamment vôtre,
P&F
* je pense qu’on devrait dire « utilisât », mais ça fait vraiment peigne-cul.
** celui-là, je me le garde. Ne riez pas, ce mot pourrait un jour sortir d’un cabinet en communication.



